
Mise à jour le 23/02/2010 14:16:20
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| Danger : Le séparatisme casamançais |
Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, séparatiste) qui depuis 1982 lutte pour l’indépendance de la Casamance, la province sud du Sénégal, semble avoir repris la lutte armée après une période de relative accalmie. Depuis août 2009, les incidents se multiplient et les attaques contre les positions de l’armée sénégalaise sont devenues plus fréquentes, à la place des attaques contre des véhicules
de transport civils que l’on attribuait volontiers à un banditisme « résiduel ». Mi-février, l’armée sénégalaise et les séparatistes, se sont encore affrontés dans la zone de Diabir pendant des
jours, faisant au moins deux soldats tués et plusieurs blessés. Pour le bilan du
côté des séparatistes, ni l’armée ni le MFDC ne le donne jamais. La situation est d’autant plus inquiétante que depuis Paris où il se trouve, Mamadou Nkrumah Sané, un des « leaders historiques de
la rébellion », semble lui aussi avoir repris de la voix puisqu’il a revendiqué les dernières attaques. Au Sénégal, l’inquiétude grandit, surtout que les combattants du MFDC ont porté cette fois les combats aux portes de Ziguinchor, la principale ville de la région sud, et non dans l’arrière-pays. Reste à savoir comment le MFDC qui semblait affaibli après la mort de son leader historique l’abbé Augustin Diamacoune Senghor et les différents changements politiques intervenus en Guinée Bissau (leur
ancienne base arrière au plus fort de la crise) d’où ils avaient été chassés ? Deux réponses possibles selon ceux qui connaissent le dossier : la mort du président Joao Bernardo Vieira et du chef d’état-major de l’armée de Bissau, le général Tagme Na-wai, a pu remettre en selle au sein de l’armée bissau-guinéenne des hommes favorables aux séparatistes ou tout simplement mus par des intérêts financiers. Ceux-ci décideraient
donc de reprendre la fourniture d’armes au MFDC. Deuxième piste, les « cartels de la drogue », de plus en
plus présents dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, qui savent que tant qu’il y a quelque part dans la sous-région une zone d’instabilité, ils peuvent continuer à faire prospérer leurs affaires. A côté de ces réponses, il y a bien sûr le voisin gambien. Yahya Jammeh - on le sait - à chaque fois qu’il veut obtenir quelque chose du Sénégal remue ses « amis » dans le mouvement séparatiste. A tout cela, il faut enfin ajouter les raisons internes, le conflit ayant créé toute une caste de « rentiers » qui vivent de la
persistance de la crise : médiateurs, facilitateurs, intermédiaires et petits trafiquants de toutes sortes et tout bord. |