
Dernière modification apportée
26/01/10 à 12 H 00
26/01/10 à 12 H 00
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| Un poison hyper mortel |
Il faut réellement se méfier des membres de la Françafrique. Il faut les fuir comme la peste. Moussa Dadis Camara - pas blanc comme neige - n’est pas prêt de regagner de si tôt la Guinée Conakry et diriger la junte au pouvoir depuis décembre 2008. Ils ont eu sa peau. Après son assassinat manqué fin 2009, il a été envoyé d’urgence au Maroc pour des soins. Erreur fatale !!! Et pain béni, car c’est en ce moment-là que sont entrés en action la politique franchouillarde et ses relais africains. D’abord, Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français, à la Coopération et à la francophonie, a laissé entendre que le retour de Camara en Guinée n’était pas une option envisageable. Puis ce fut le tour de Bernard Kouchner de dévoiler les intentions de la grande Françafrique : « Je souhaite que monsieur Dadis Camara reste dans son lit au Maroc et non qu’il revienne ». En fait, Paris n’a jamais digéré la saillie camaraienne, « la Guinée n’est pas un département français ». Il fallait le virer en profitant de son hospitalisation. Et dans la grande discrétion, l’Elysée a reçu le général Sékouba Konaté numéro 2 de la junte pour mettre en
branle et en musique l’après-Camara. Seulement les scénarii ne se sont pas passés comme prévu. Car, les nombreux partisans de Moussa Dadis Camara disséminés au sein du
Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte au pouvoir) n’entendaient pas se laisser faire et surtout ne juraient que par Dadis Camara. Devant cet inattendu cas de figure, la Françafrique a mis en branle ses réseaux. Du coup, on a vu des Marocains clamer que le chef de la junte guinéenne était guéri et n’avait pas de raison de demeurer à Rabat. Un indésirable quoi ! Au demeurant, dans le même temps, des médias - activés pour l’occasion - et des politiques guinéens vivant à Paris, ont été chargés de lancer des informations à la fois burlesques et dignes des experts de l’ex-URSS. Partout, on a présenté le putschiste guinéen comme un homme certes guéri, mais dont les réactions demeuraient imprévisibles. A savoir qu’il réagissait négativement à la lumière, au son, au bruit, etc. En fait, il fallait accréditer la thèse selon laquelle Moussa Dadis Camara n’avait pas toutes ses facultés, bref qu’il était fou sinon en voie de l’être…En dépit de cette campagne, Conakry n’a pas plié et réclamait avec
des trémolos dans la voix le retour de son « messie ». C’est alors que Paris a fait sortir son joker : le « beau Blaise » le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. Médiateur dans la crise guinéenne, c’est à lui que Joyandet et Kouchner ont confié la tâche de convaincre Moussa Dadis Camara de regagner Ouagadougou pour sa « convalescence ». En bon élève de la Françafrique, Blaise Compaoré a sorti le grand jeu avec toute une diplomatie raffinée pour ramener Dadis Camara à « la raison ». Malgré les refus de ce dernier, Compaoré a fort bien reçu. Résultat des courses : le convalescent accepte de ne pas rentrer « pour l’instant » en Guinée. Et dans la foulée, on nomme dans la précipitation (aussi) un Premier ministre, Jean-Marie Doré, patron de l’Union pour le progrès de la guinée (UPG, opposition). Dans ses roues, un gouvernement de transition de dix membres du CNDD, dix de l’opposition et dix issus de la société civile ou des régions. Et voilà le travail terminé !!!
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